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Bienvenu à toi,

Tu es passionné de lecture, tu veux découvrir les talents qui se cachent derière leurs ordinateur, qui n'ont pas la chance d'être publié ... BRAVO tu es au bon endroit.

Si toi aussi tu as des textes à publier n'hésite pas envoi les moi : mikeytun@yahoo.fr


SOMMAIRE

- Un ange pas comme les autres Anne-Laure Agelas ><
- Requiescat In Pace Anne-Laure Agelas ><
- L'Echarpe Liena ><
- Pensées d'un voyageur solitaire Egon Floyd ><

# Gepost op vrijdag 11 april 2008, 12u48

Gewijzigd op maandag 16 juni 2008, 12u54

Requiescat In Pace

Requiescat In Pace
« Je m'appelle Arnold, j'ai 35 ans. Je m'étais marié tout récemment avec Elisabeth. Nous avions emménagé dans une petite maison, à proximité d'un bois. Elle nous avait plu dès le départ : isolée des bruits de la ville, un espace vert tout proche, à l'abri du vent...
Quelques petites choses étaient à rénover, notamment l'escalier menant au grenier : plusieurs marches avaient disparu et la rampe s'était détachée.
Nous étions ravis de notre acquisition. Les propriétaires nous l'avaient vendue à un prix très raisonnable.
Je me souviens que l'épouse de l'ancien propriétaire était secouée de sanglots nerveux...
Nous emménageâmes aussitôt.
Dans le salon trônait un vieux fauteuil légèrement défoncé et un peu décrépit. Etant antiquaire, j'avais immédiatement remarqué que ce fauteuil n'était pas d'une grande valeur et j'avais donc décidé de le garder pour mon usage personnel.
Après l'avoir restauré, je m'assis et poussai un soupir de bien-être.
Les anciens objets m'ont toujours semblé posséder une âme, comme si les années les avaient imprégnés des souvenirs.
Je m'imaginai un vieil homme, assis à l'endroit où je me trouvais, en train de lire, pipe entre les lèvres et lunettes au bout du nez.
Je sortis de ma rêverie et commençai à lire. Ma femme m'avait prié de lire Candide de Voltaire. « Une très bonne critique de la société » m'avait-elle assuré.
Alors que je posais mon regard sur la première page du livre, j'entrevis du coin de l'½il une forme blanche.
Je me retournai et ne vis rien.
Je me concentrai à nouveau sur ma lecture, persuadé d'avoir été victime d'un jeu d'optique, quand j'aperçus un déplacement furtif sur ma droite. Je regardai à nouveau, mais rien n'avait bougé.
« La fatigue, sans doute » me dis-je.
Le lendemain, pendant que j'inspectais les alentours de la maison, j'entendis une branche craquer, suivi du bruit métallique d'un objet tombant sur le sol.
Derrière moi, il n'y avait rien, hormis un petit médaillon de forme oblongue.
« Il n'y était pas, tantôt » pensai-je.
Je le ramassai précautionneusement et je l'ouvris. A l'intérieur se trouvait la photo d'une jeune fille, seize ans tout au plus, de longs cheveux bruns tombant en cascade sur ses épaules, un regard noisette et pénétrant, obsédant, même. Elle ne souriait pas et semblait en proie à une grande angoisse.
Je glissai le médaillon dans ma poche et rentrai, jetant néanmoins des coups d'½il autour de moi.
J'inspectai le médaillon sous toutes ses coutures mais je ne trouvai aucune inscription d'aucune sorte, sauf à l'arrière de la photo, une date calligraphiée :

27 – 04 – 05


Qui était cette jeune fille et surtout, qu'est-ce que son médaillon faisait là ? Les anciens propriétaires n'avaient pourtant pas d'enfants...

Ce fut ce soir-là que ma femme choisit pour me parler de ses inquiétudes.
"-Je ne me sens pas à l'aise, Arnold. Partons d'ici, je t'en prie. J'ai l'impression d'être constamment observée.
-Elisabeth, nous avons investi tellement d'argent... Nous ne pouvons pas partir, ce serait de la folie !
-Mais, Arnold...
-Ne discute pas, c'est décidé : nous restons
"

J'avais, moi aussi, eu l'impression d'être observé à plusieurs reprises, mais j'étais persuadé qu'il n'en était rien : l'être humain a tendance à se sentir trop souvent menacé par des choses qui n'ont pas lieu d'être.
Ma femme se plia donc à mon désir, mais, les jours passant, j'avais de plus en plus la conviction que j'aurais dû partir. Néanmoins, je n'osais pas avouer à mon épouse mon erreur. J'essayai donc de me convaincre que tout ce que je vivais était parfaitement rationnel.
Cependant, Elisabeth décida de retourner vivre quelques temps chez sa mère.

« Je n'aime pas l'atmosphère de cette maison » me déclara-t-elle.


Elle m'avait promis de revenir d'ici un mois ou deux, le temps pour elle de se calmer et de reprendre ses esprits.
Je regardai donc ma femme partir, puis je rentrai.
Alors que j'allais fermer les yeux, première nuit seul dans cette demeure qui me semblait plus glaciale et hostile depuis que ma femme l'avait quittée, je vis une forme blanche. Celle-ci ressemblait à une femme, mais ne disparut pas, cette fois, mais resta là, figée, un sourire énigmatique sur les lèvres.
Je me cramponnai à mes draps, le c½ur battant la chamade. Soudain, l'évidence m'apparut : cette jeune fille n'était autre que celle du médaillon.
Je me penchai vers la table de nuit, ouvris le tiroir avec une telle violence que son contenu s'éparpilla par terre, je fouillai dans les objets qui s'étaient répandus sur le sol, attrapai le médaillon et le tendis à l'apparition.
Elle avança les mains et je fermai les yeux.
« C'est impossible, me répétai-je en moi-même, elle ne va pas prendre le médaillon, elle n'existe pas, ELLE N'EXISTE PAS ! »
Soudain, je sentis un contact froid sur mon cou. J'ouvris les paupières : elle me l'enserrait de ses mains décharnées, son sourire s'était mué en un rictus d'où sortait un hurlement de victoire. La belle jeune fille de la photo s'était transformée en un monstre, sa chevelure qui semblait abondante et soyeuse n'était plus que de la paille, ses yeux noisette s'étaient injectés de sang, une lueur maléfique avait envahi son regard.
J'avais du mal à respirer, j'étais assailli de tremblements, tout devenait brumeux autour de moi.
Je me débattis et réussis à m'arracher à l'étreinte de cette chose. Je sortis de la chambre et la porte claqua violemment derrière moi. Ensuite, les portes donnant sur le couloir se fermèrent avant que j'aie pu les franchir, toutes, sauf celle de l'entrée.
C'était ma dernière issue.
Je courus, mais elle apparaissait sans cesse, cette ombre fantomatique, m'empêchant de rejoindre la route. Elle semblait partout à la fois.
J'étais comme un cheval fou, je courais dans tous les sens, mais elle était toujours là, prête à me barrer le chemin.
Ma respiration était saccadée, j'étais complètement affolé.
Tout-à-coup, je trébuchai.
Une tombe, à demi recouverte par la végétation, se trouvait juste devant moi.

« Ariel 1889 – 1905 »


L'apparition – ou Ariel, je ne sais comment l'appeler – se matérialisa devant moi et me saisit le poignet.
-Viens... Viens avec moi...
La peur me serrait la gorge et me nouait le ventre.
-Viens...
Son étreinte s'était resserrée. Je pouvais voir la trace de ses doigts comme gravée au fer rouge sur mon bras. Dans son autre main, je voyais le médaillon reluire dans l'obscurité. « Il me semblait l'avoir laissé dans ma chambre... » pensai-je.
Soudain, une lumière m'éblouit et la main d'Ariel me lâcha.
-Que se passe-t-il ? cria une voix.
Un policier, une lampe-torche dans une main, s'avança. Il me regarda de haut en bas. Mon pyjama était taché de boue, quelques feuilles s'étaient accrochées dans mes cheveux hirsutes, j'étais pieds nus et j'avais l'air hagard.
-Regardez... La... La tombe ! bégayai-je.
Le policier jeta un coup d'½il à côté de moi et me dit :
-Ne bougez pas... Là... Voilà...
Il me passa les menottes. Je ne comprenais pas ; ne voyait-il pas la sépulture, tout comme moi ? Je jetai un regard et ne la vis pas. Disparue...
J'aperçus un éclat entre deux touffes d'herbe. « Le médaillon ! » pensai-je, mais ce n'était qu'une pièce de monnaie... »

Le médecin en blouse blanche opina de la tête.
-Emmenez-le, dit-il.
Aussitôt, deux hommes portant une blouse d'infirmier psychiatrique surgirent, si musclés que leurs habits semblaient tendus à l'extrême, prirent Arnold par les bras et le traînèrent.
-Vous devez me croire ! Je ne suis pas fou ! cria-t-il.
Il se débattait dans sa camisole tandis que la porte se refermait.
Le psychiatre ferma le dossier, essuya ses lunettes avec sa manche, les remit sur le bout de son nez et dit :
-Patient suivant, s'il vous plait !


Anne-Laure AGELAS.

# Gepost op vrijdag 11 april 2008, 13u11

Gewijzigd op woensdag 16 april 2008, 17u25

Un ange pas comme les autres

Un ange pas comme les autres
Le bougre
Angleterre, Douvres.

« Je sortais d'un bistrot mal famé où j'avais été dépenser en alcool les quelques livres sterling que j'avais gagnées sur les docks. J'étais un peu éméché mais je m'en souviens. J'étais sorti, un peu titubant. Il y avait du brouillard, épais comme une purée de pois. On voyait pas à trois mètres. J'allais rentrer chez moi, retrouver ma femme et mes quatre gosses. Elle allait encore me sermonner, me dire que je « dépensais toutes nos économies, et comment on allait manger, demain ? Et les gosses, j'allais les laisser crever de faim ? ». Alors, je la frapperais, une bonne baffe au visage. Elle tomberait par terre, les gamins courraient vers leurs chambres pendant qu'elle resterait par terre, sur le sol de la cuisine, à sangloter lamentablement. Et moi, j'irais m'asseoir dans le vieux canapé pour fumer un mauvais cigare. La routine.
Mais cette nuit-là, ça s'est pas passé comme d'habitude.
J'étais sorti sur le coup d'une heure trente, j'avais pris la rue adjacente à celle du bar, et c'est là que je l'ai vue. Marilyn. Ma Marilyn.

Mary, c'était la reine du trottoir. Elle en avait consolé, des bougres comme moi. Et elle était généreuse. Parfois, elle me faisait des coups pour rien, parce qu'elle savait que j'avais plus une livre à donner. Elle me disait toujours « c'est pas grave, tu me rembourseras plus tard, c'est pas un problème » pour pas que je me sente coupable. Mais elle savait bien que je la rembourserais jamais.
Marilyn, elle trouvait toujours les mots justes. Quand je venais me lamenter sur ma vie, que je lui disais que, de toute façon, autant me tuer tout de suite, elle me disait que non, que si je voulais, je pouvais m'en sortir. Fallait pas rester assis, c'est tout. Fallait oser. Elle disait qu'il fallait pas faire comme elle, que si elle avait voulu, elle aurait pu être actrice ou chanteuse, juste qu'elle avait été paresseuse et qu'elle était devenue une fille de la rue.
Moi, je trouvais que c'était déjà pas mal, ce qu'elle faisait. Elle connaissait tous les hommes, la Marilyn, et aussi tous les trucs pour manger pas cher et se saouler à volonté. Elle nous présentait les nouvelles, nous conseillait quelques filles qu'il « fallait absolument essayer », et disait d'autres que « celles-là, c'était perdre du fric pour rien ».

Et là, la Mary, elle était étendue par terre. Ses cheveux blonds oxygénés flottaient sur une flaque de sang, derrière sa nuque. Ses lèvres carmin que j'avais si souvent embrassées étaient ouvertes sur un dernier soupir tandis que ses yeux bleus regardaient fixement un point que je ne pouvais pas voir. Me dire que j'irais plus jamais maudire la vie dans son cou, ça m'a fait un sacré choc. Mary, c'était ma femme, mon amante et ma mère. C'était ma confidente et mon amie. C'était le coup d'un soir et la tendresse d'une vie. C'était Marilyn.
Je me suis penché et j'ai regardé dans son sac. Evidemment, plus de fric. Les salauds l'avaient volée, elle qui n'avait jamais volé personne. Pauvre Mary. Elle méritait pas ça.
J'ai déboutonné son chemisier et mis ma main dans son soutien-gorge à balconnets. Deux billets de cinq livres. C'était déjà ça. Je lui ai murmuré un « merci » à l'oreille, je me suis relevé et je suis parti.
Au moins, ma femme, mes gosses et moi, on aurait à manger, demain. »


La Reine du Trottoir
« Quand je pense...
Quand je pense que je suis sur ce trottoir, là, à attendre le client. C'est la faute à qui, tout ça ? Au bon Dieu ? Je suis même pas sûre qu'il existe, celui-là... Il doit bien se marrer, du haut de son nuage, à me regarder faire la mignonne près des alcoolos. Il doit se dire « La Marilyn, elle joue bien le jeu, elle aurait dû faire du théâtre, ça aurait fait un malheur ! ». C'est sûr, que j'aurais dû faire du théâtre. Je sais bien faire la câline avec les gens qui me répugnent, alors, le théâtre – ou même le cinéma, c'est bien aussi, le cinéma ! – ça doit être du gâteau, pour une fille comme moi...
J'en ai dépucelé pas mal, des petits jeunes. Des timides, des effrontés, des sûrs d'eux, des conquérants. Des perdants, aussi. Y en a, j'ai jamais rien su en tirer. C'était émouvant, d'un côté, de les voir tout tremblotant, tout pleurant, et puis se sauver, la queue entre les jambes. Comme des chiens.
Il y avait aussi les hommes mariés. Eux, j'ai jamais vraiment su ce qu'ils recherchaient. Le dépaysement, peut-être. Une femme aux fourneaux, c'est moins attirant qu'une sur le trottoir, c'est sûr. Mais quand même. Ils savent pas ce qu'ils manquent. Une femme, c'est adorable quand ça prépare des petits gâteaux, quand ça chuchote dans l'oreille un « t'as bien travaillé, mamour ? ». Ou c'est peut-être les enfants qui gâchent tout. Faut s'en occuper, tout ça. Ca prend du temps, et après, on n'en a plus pour le mari.
Comme celui-là... Celui qui venait souvent pleurnicher sur mon épaule. Il me faisait un peu pitié. Il travaillait sur les docks, gagnait pas grand-chose, et allait le dépenser en boisson. Alcoolisée, évidemment. Il disait qu'il pouvait pas s'en empêcher, qu'il fallait qu'il noie sa peine. J'allais pas lui proposer de la noyer dans un verre d'eau, c'est clair que ça aurait moins bien marché. Je lui disais juste « allez, t'en fais pas, ça va s'arranger. Bouge-toi le train, c'est tout. Ose. ». Je lui parlais un peu de ma vie foutue, de ma vie de fille de la rue. « La reine du trottoir », qu'il m'appelait. Peut-être parce que je connais pas mal de filles, ici. Je suis une ancienne, alors, évidemment, dès qu'il y en a une nouvelle qui ramène sa fraise, je la remarque tout de suite.
Il y avait aussi les célibataires. Ceux qui le restaient pas longtemps, et ceux qui désespéraient. Il y en avait un qui venait souvent près de moi, qui me disait que pour lui, c'était foutu, qu'aucune femme s'approcherait jamais de lui, il devait les repousser inconsciemment, il savait pas, il trouvait pas ce qui clochait chez lui. Tout et rien en même temps. Il disait qu'il voulait pas finir vieux garçon, qu'il voulait des enfants, une grande famille. Que ça rendait son père triste, de le voir comme ça. Et puis un jour, il est plus venu. Je me souviens que j'ai appris sa mort par un de ses collègues de boulot : suicide. Il s'était ouvert les veines...
C'est malheureux. Pourquoi les hommes mariés échangent pas leur vie contre celle des célibataires, parfois ? Pourquoi personne n'est jamais content ?
Je pense, je pense, et je laisse passer les clients. Mauvais, tout ça. Mauvais pour le business. Mary, Mary, tu deviens trop sentimentale.
-Salut mon mignon, ça te dirait, un coup ?
Et voilà, la reine du cinéma est de retour. C'est fou ce que je peux paraître sincère, quand je veux. Mais le fric, toujours le fric. Sans lui, y aurait des malheurs en moins, c'est sûr.
Ca y est, il sort de la bagnole. Il va chercher quelque chose sur la banquette arrière. C'est malin, je suis tombé sur un mec avec des lubies. Des exigences. C'est tout moi, ça. Encore un qui va vouloir les menottes, ou je ne sais quoi d'autre. Franchement.
Il se retourne. Plus du tout l'air avenant, tout de suite. Et dans sa main...
Un coup, sec, rapide, précis. Je m'effondre. Il fouille dans mon sac, en retire mes billets. Le salaud. C'est vraiment pas ma journée.
Je regarde une dernière fois le ciel. Et si le bon Dieu existait ? J'ai pas envie de le savoir maintenant, non, pas tout de suite... S'te plait, bon Dieu, laisse-moi encore un peu ici. Je dois encore en consoler, j'ai pas encore envie de savoir si tu me regardes de là-haut en riant... Pas encore... »


Une lubie morbide

« J'étais au poste de police, tranquille. Je regardais l'horloge égrener ses minutes, lentement. Tic, tac. Tic, tac. C'est fou ce que le temps paraît ralenti quand on s'ennuie.
Et puis, le téléphone a sonné. C'était mon chef.
« On a besoin de toi ici de toute urgence. Encore une victime du Tueur de putes. »
« Ok, patron, j'arrive. »
J'avais demandé qu'on me mette sur cette affaire, ça me tenait à c½ur. Voir ces putes étendues par terre, ça me faisait quelque chose. Alors, dès qu'il y en avait une nouvelle, j'arrivais, j'examinais.
Mon patron était déjà sur place, avec son éternelle cigarette au coin des lèvres. Il était adossé au capot de sa voiture. Rien n'avait l'air de l'émouvoir, celui-là.
Il me l'a montrée d'un mouvement du menton.
Je me suis ramené tout près. Elle aurait pu être jolie, sans tout ce maquillage. Mais il y avait ce quelque chose de provoquant qui me répugnait en elle. Peut-être sa jupe trop courte ou son rouge-à-lèvres trop vif. Ses cheveux décolorés ou ses yeux trop fardés. Une pute, quoi.
-Tu sais toujours rien sur ce tueur ?
-Toujours rien, patron.
-Je vais finir par devoir te coller un assistant, t'arrives à rien, là.
-Pas d'assistant. Ceux-là, ils mettent des bâtons dans les roues plus qu'autre chose.
-Coince-moi ce mec, alors, merde !
-Je fais tout pour, patron, mais c'est un pro.
-Tâche de l'être plus que lui.
Marrant, l'autre. Ce tueur-là, ce qu'il fait, c'est du grand art. Jamais une preuve, rien. A part des filles sur le trottoir – et quelles filles ! – on saurait jamais deviner qu'il est passé.
-Il est cinq heures et quart, je te laisse terminer le boulot.
-Attendez, patron.
-Quoi ?
-Comment elle s'appelait ?
-Marilyn. Très connue dans le coin.
-Ok, merci, patron.
-Et arrête de m'appeler patron.
-D'accord, boss, j'ai pigé.
Il a mis le contact et il est parti. Il m'a laissé seul avec Marilyn. A ce moment-là, je lui ai chuchoté à l'oreille : « Ainsi donc, tu t'appelais Marilyn... Joli prénom, dommage que ce soit toi qui le portes... Marilyn, Marilyn... Et la prochaine, elle s'appellera comment ? Je parie pour Anita. Et si c'est juste, je fais sauter deux cervelles de putes pour le prix d'une. »


Anne-Laure AGELAS



# Gepost op vrijdag 11 april 2008, 13u13

Gewijzigd op woensdag 16 april 2008, 17u25

L' Echarpe

L' Echarpe
Ce Texte est la participation à un concours dont le thème est ROUGE

Vingt et une heures. Il prend son sac, se précipite à travers les escaliers. Une fois le nez dehors, il relève le col de sa veste et fourre son nez dans son écharpe. Le froid, glacial. Il déteste l'hiver mais il fait bon être ici plutôt que dans la chaleur étouffante de l'appartement. Ses doigts s'agitent à l'intérieur de ses poches, le ticket de la dernière séance de cinéma fini déchiqueté en mille et un morceaux. Où aller ? Et d'abord, pour quoi faire ? Cela fait déjà quelques minutes que le même trottoir est arpenté en long et en large. Ses pensées beaucoup trop obscures ne parviennent pas à se dissiper malgré la clarté des lampadaires. Se calmer et se changer les esprits serait beaucoup plus facile, beaucoup trop aisé que de passer à autre chose. Il s'agit de régler la question, de ne pas passer outre le problème. Il en était là de ses élucubrations lorsque des bruits de pas se firent entendre derrière lui... Des claquements de talons féminins plus exactement. Elle était encore beaucoup trop éloignée de lui mais il pouvait distinguer dans l'obscurité la démarche chaloupée de la demoiselle. A son cou, comme étincelante, se détachait de la pénombre son écharpe. Peu à peu elle s'approcha jusqu'à arriver à sa hauteur. Au moment où leurs corps se frôlèrent, l'esprit de Marc fut ailleurs, le parfum de la jeune fille se mêlant à ses divagations. Il eut un vertige puis elle s'évapora à travers la nuit. Encore étourdi, ne sachant pas tout à fait analyser la multitudes de sensations ressenties en un seul instant, il resta là, au milieu de cette rue glaciale, sur ce trottoir vide. Un chat noir qui passait par là vint de frotter à ses jambes et Marc rit du côté excessivement cliché de la situation. Après un moment qui parut une éternité bien qu'il ne dura pas même une minute il décida à la suivre. Il l'avait perdue de vue mais ses pas continuaient de résonner et semblaient le guider. Instinctivement il ferma les yeux comme pour se concentrer sur la musique de sa démarche. Comme en plein onirisme, il était là, les bras étendus devant lui, aveugle, à s'avancer dans la pénombre sans même heurter quoi que ce soit. Peu à peu la mélodie cadencée se rapprochait et il butta malgré tout contre quelque chose. Il fut contraint de s'arrêter et ouvra subitement les yeux. Contre son gré, il était en train de piétiner l'écharpe de la jeune femme. Il se baissa, la ramassa, et huma le parfum aigre-doux. C'était cette même écharpe qui, tout à l'heure, semblait se détacher de l'obscurité et donc il n'avait su définir la couleur. A présent il discernait sa couleur écarlate. Il leva la tête et s'aperçut qu'elle était tout juste en face de lui. Il lui suffisait de tendre doucement la main pour atteindre son visage. Son c½ur battait à tout rompre et il avait l'impression qu'il allait envahir progressivement sa poitrine pour finalement se décrocher. Le martèlement de son c½ur occupait son esprit et ses sens et il ne se sentait plus agir. Il leva finalement la main et au contact de la joue de la jeune femme il ressenti comme un picotement, d'abord imperceptible, puis de plus en plus apparent pour finir de le bouleverser entièrement. Le temps semblait s'étirer comme dans un songe afin que les minutes deviennent éternité et lui permettent de vivre pleinement cet étrange instant. Il approcha son visage du sien, et le parfum de la jeune femme devenant de plus en plus présent fit monter en lui le désir d'aller au bout de son geste. Se laissant pourtant le temps de savourer chaque instant, il amena ses lèvres à effleurer les siennes. A ce contact insaisissable il fut pris d'un sursaut et rouvrit les yeux. Il se réveilla alors au milieu de cette même chaleur étouffante qu'il lui semblait avoir quitté depuis des heures. Abasourdi, il porta instinctivement la main à son cou et reconnu l'étoffe parfumée. En baissant les yeux il aperçu ce rouge si familier. Il se précipita dans les escaliers, manqua de tomber, ouvrit frénétiquement la porte et déboula dans la rue à l'air glacé. Rien. Personne. Seule l'obscurité de la nuit et une vague odeur aigre-douce qui flottait dans l'air.

Liena
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# Gepost op woensdag 16 april 2008, 17u37

Gewijzigd op donderdag 17 april 2008, 13u44

Pensées d'un voyageur solitaire

Pensées d'un voyageur solitaire
Un texte tout à fait intéressant : difficile à comprendre aux premiers abords. Il faut le lire, le relire voire le relire pour le comprendre mais il est vraiment trés chouette.

« Et elle était là. Encore. Toujours. Toujours et encore, encore et toujours. Ici. Car c'est toujours ici, puisque j'y suis aussi. Comme dans ces films que je déteste et qui font si peur. Le méchant est devant, il est derrière. A gauche, à droite. De tous les côtés. La victime se tourne, et se retourne encore. Elle tourne toujours. Comme à colin mayard. Mais elle voit. Elle voit cette chose, ici. Là où elle est, là où elle regarde. Encore et toujours. La tête lui tourne aussi, puis le monde. Et le malaise. La frustration, l'impuissance qui rend chiffon. Poupée de chiffon. Petite et molle entre des doigts. Tout autour, qui manipulent, qui tournent et contrôlent de tous les côtés.
J'étais bien, seule dans les petits chemins. Bien de ne pas la savoir ici. Petite poupée aveugle. Qui ne sent pas les doigts. Bien, dupée par ses sens et qui s'espère. S'espère libérée. Ca sent la pluie, sent le soleil, sent la terre humide. Elle ne le sent pas, le méchant. C'est qu'il n'est plus ici, n'est-ce pas ? Mon c½ur est moins lourd, si bien que je peux m'allonger dans l'herbe fraîche sans craindre de m'y enfoncer. Le soleil réchauffe mon âme glacée. Mes poumons grandissent. Je me redresse pour les éprouver. Je cours, je chante, je ris. Et j'avance. Surtout j'avance. Un pied devant l'autre. Un autre pied devant l'un. C'est ça le plus dur, avancer.
Le chemin serpente devant moi, à l'infini. Le désert de la forêt. Je suis heureuse. Je suis vivante. Enfin. Je souris. Je ne savais pas que je pouvais. Les coins de mes lèvres ont toujours été irrémédiablement attirés vers le bas. J'ai pensé qu'ils le seraient à jamais. Mais non. Cette fois-ci, c'est pour de bon. Et si je me teignais les cheveux ? En blond ? Personne ne me reconnaîtrait. Et si personne ne me connaît, c'est que je n'existe pas. Disparaître pour mieux renaître. Adieu, bonjour... Bonjour qui, bonjour quoi ?
Je marche toujours. Solitude. Encore le désert humain. Encore le petit chemin. Les arbres, le soleil, l'herbe, le vent. Et puis moi. J'ai de plus en plus chaud. Le temps s'étire comme cette route. J'enlève mon pull. Les arbres se font touffus, les rayons du soleil rares. Je le remets. Je m'arrête un instant. Aucun bruit, pas une seule voiture, pas un oiseau. Il fait sombre, il fait froid. Je pense à ces jeunes filles qui se font agresser dans des endroits isolés. Je marche depuis combien de temps ? Et si je n'arrivais jamais à une route ? Une vraie route.
Ne pas y penser. Il faut avancer. Un pied devant l'autre. C'est facile, après tout ! J'entends le vent, je frissonne. C'est que j'ai froid. J'enfile mon manteau. Puis j'ai trop chaud, je le retire. Je m'arrête de nouveau. Toujours aucun bruit. Je tends encore l'oreille. Rien. Je frissonne, j'ai peur. Avancer, surtout avancer. Vers quoi ? Peu importe. Peu importe ? Un pied devant l'autre. Un pied devant...Je fais demi tour. Et si je ne retrouvais pas mon chemin ? J'arrive rapidement à la Grand Route que j'avais quitté il y a une éternité. Le soleil est revenu. J'enlève mon pull.
Mon c½ur flotte de nouveau, c'est qu'il s'était renfoncé dans ma poitrine. Les coins de mes lèvres pointent de nouveau vers le ciel, c'est que je ne souriais plus. Et si j'essayais le noir ? Le blond, c'est bien, mais c'est peut-être trop, pour une première fois...Une voiture s'arrête, de l'autre côté de la chaussée. Je continue de marcher.

« George, monte ! »


J'accélère. La voiture me suit. J'aimerais oublier que je la connais. Parce que j'aimerais ne plus être moi. Mais moi reconnaît cette voiture, et moi a les larmes qui montent, le c½ur qui s'enfonce et les lèvres qui tremblent. J'ai mal à la jambe.

« Allez, viens. Je te dépose où tu veux, ensuite. »


Cette voix, ce que je l'aime. Si Cécile avait pu être ma mère, tout aurait été différent. Mais non. Les choses sont toujours faites pour nous emmerder. Mes yeux quittent le bout de mes chaussures pour se poser sur ma tante. Grave erreur. Je ne regarde pas à gauche et à droite avant de traverser. C'était ma dernière chance de m'échapper...

Egon Floyd

# Gepost op maandag 21 april 2008, 08u05